jeudi 15 octobre 2026

LES ÎLES ALEOUTIENNES
Après six jours de navigation sur une mer au début très agitée, nous avons changé de continent et nous nous retrouvons sur l’île d’Attu, la plus septentrionale des îles Aléoutiennes…et du continent américain.
Voilà trois semaines que nous avons quitté le Japon et nous allons enfin pouvoir mettre pied à terre pour parcourir ces lieux aujourd’hui inhabités. Le décor qui s’offre à nous nous est désormais familier : une végétation rase de tourbières surmontée de montagnes enneigées.
Bien sûr aucun sentier, il faut tracer son chemin dans une nature austère, contourner les ravins, éviter les marécages.
Sur Attu, nous sommes constamment accompagnés par les cris des bernaches du Canada qui nichent partout dans les herbes hautes. Par contre, lors de nos escales dans les îles plus à l’Est, nous trouvons assez peu de vie sauvage lors de nos balades à terre.
Il est vrai que ces territoires ont été profondément modifiés par la présence humaine. La chasse pour la fourrure, l’introduction volontaire ou non d’espèces (rats, renards, écureuils terrestres) ont modifiés les écosystèmes. Une présence militaire très importante depuis la seconde guerre mondiale jusqu’à très récemment a également contribué à leur évolution.
Coté paysages, on s’émerveille devant les volcans enneigés, mais ces apparitions sont courtes, la brume et les ciels plombés régnant en maitre sur ces mers.
Mais malgré cela, c’est une expérience extraordinaire de naviguer sous ces latitudes. Même si avec les conditions de mer, la veille et le froid, la fatigue se fait rapidement sentir, tout cela est vite oublié quand on rejoint l’abri et que l’on retrouve la chaleur d’un pub.
A l'intérieur, Sodric est un nid douillet avec le poële qui ronronne. Dehors, c'est un paysage de montagnes qui nous accompagne désormais.
La nature sauvage de l'île d'Attu n'a que quelques semaines pour assurer sa survie.
Cela vaut aussi bien pour les végétaux que pour les animaux.
Sodric et ses protecteurs: En effet, nous sommes tombés en panne moteur sur l'île d'Attu: pastille de déssablage et joint de culasse à changer, impossible de réparer sur place. Heureusement, nous n'étions pas seuls. Nos amis canadiens et américains ne nous ont pas quittés et nous ont accompagnés durant 700 milles nautiques pour rejoindre Dutch Harbour où nous avons pu réparer. Encore un grand merci à eux.
Des conditions de navigation parfois dures....mais on s'y attendait.
Et arrivés sur l'île d'Adak (première île un peu habitée), on n'hésite pas à faire plusieurs kilomètres à pieds pour rejoindre le pub et manger notre premier burger.
Sympa les aigles dans la mature .... sauf qu'ils ont embarqué la girouette.
Après 20 jours en mer de Bering, enfin l'arrivée à Dutch Habour.....
....où nous découvrons l'ambiance du nord-ouest américain.

mardi 30 juin 2026

RUSSIE : ESCALE SUR L’ILE PARAMUSHIR, AU SUD DU KAMCHATKA Ce n’était absolument pas prévu mais, sur la route allant du Japon en Alaska, nous nous sommes arrêtés en Russie. Les conditions météo ne sont pas très favorables cette année pour aller vers l’Est et changer de continent. Habituellement, un large anticyclone s’installe en été sur le Pacifique Nord et permet aux bateaux comme Sodric de rallier l’Alaska depuis le nord du Japon en une dizaine de jours. Cette année, confrontés à une succession ininterrompue de dépressions, nous devons gérer notre route en visant les moments favorables entre deux d’entre elles. Ces périodes ne durent pas plus de 5 ou 6 jours, ce qui ne nous a pas permis d’atteindre les îles Aléoutiennes d’une seule traite. Nous sommes donc partis à sept bateaux de Wakkanai, au nord du Japon, pour remonter la mer d’Okhostsk et nous retrouver, à sept bateaux, mouillés devant l’île Paramushir pour attendre des conditions meilleures pour poursuivre notre route. Durant ces cinq jours au mouillage, nous avons été placés sous l’étroite surveillance des gardes côtes russes qui ne nous ont pas permis de débarquer ni d’utiliser nos annexes pour se rendre d’un bateau à l’autre. Mais l’essentiel n’est pas là. Ce mouillage, totalement sauvage et vide de présence humaine, entouré par les volcans enneigés qui se montraient ou non selon les humeurs de la brume, était d’une beauté à couper le souffle. Il est certain que ce moment si particulier restera gravé dans notre mémoire comme une parenthèse singulière de notre voyage.
Quelques photos qui se passent de commentaire. L'entretien du bateau, la lecture, la cuisson du pain, l'observation des oiseaux et surtout, admirer les montagnes qui nous entourent et se laissent parfois apercevoir, voilà notre quotidien durant ces cinq jours au mouillage.
Un matin, dans la brume épaisse, nous entendions le souffle des baleines, très proche de nous mais invisibles. Heureusement, elles ont bien voulu attendre que le brouillard se dissipe un peu et nous avons pu constater qu'il sagissait d'une petite troupe d'orques dont l'une est passée à 30m du bateau....magique.

lundi 29 juin 2026

JAPON : DU SUD AU NORD, LA REMONTEE DE L’ARCHIPEL Depuis plusieurs années, notre projet est de rejoindre l’Alaska depuis l’Asie du Sud-Est. Sur la route, se trouve l’archipel japonais que nous devons parcourir du Sud au Nord. C’est une grande croisière qui, à l’échelle de l’Europe correspondrait à un parcours allant de Lis-bonne aux Lofoten en Norvège. De plus nous devons quitter les Philippines après la saison des cyclones et arriver en Alaska au début de l’été. Ces contraintes nous donnent une période de trois mois pour effectuer notre périple japonais. Cependant, cette navigation n’a pas été qu’une suite de journées en mer, mais une superbe décou-verte d’un pays à part que nous ignorions totalement. Nous avons réellement adoré le Japon. Bien sûr, n’attendez pas à voir, dans cette page du blog, défiler les cartes postales habituelles que nous avons tous en tête. Pas de mont Fuji enneigé, pas (ou si peu) de cerisiers en fleurs, pas de visite des grands temples et sanctuaires, pas de néon des villes tentaculaires hyperactives mais une succession de petits ports de pêche, de villes et villages au rythme tranquille et une nature préservée. Dans ce Japon provincial, nous avons pu découvrir un art de vivre raffiné, une cuisine incompa-rable, nous avons essayé de percer quelques mystères des traditions et du mode de vie japonais. Nous avons surtout rencontré des hommes et des femmes accueillants, rieurs, curieux et intéressés par la vie des autres, toujours prêts à rendre service. Ainsi, même si les conditions météo y ont été assez souvent rudes, c’est avec bonheur que nous avons parcouru cet archipel et avec regret que nous l’avons quitté.
Les japonais aiment les couleurs vives. Ils aiment aussi les petits personnages tirés tout droit des bandes dessinées ou des jouets d'enfants.
Même si on découvre parfois des choses surprenantes, la cuisine japonaise est excellente et c'est un vrai plaisir de se rendre au restaurant, aussi bien pour le goût, le dépaysement et l'ambiance que l'on y trouve.
Superbes ces pagodes et temples. Pas de doute, nous sommes bien au Japon.
Mais les maisons des villes et villages ne brillent en général pas par leur originalité.
Le chateau Shuri à Okinawa
Que ce soit un temple bouddhique ou un sanctuaire shinto, il faut franchir une porte pour passer du profane au sacré. Ici, un torii marquant l'entrée d'un sanctuaire shinto...
... et là, l'entrée monumentale d'un temple bouddhique.
Dans toutes les villes et villages, le sacré est partout au Japon.
On le rencontre parfois sous des formes amusantes comme ces Jizo, divinités protectrices souvent habillées d'une serviette ou d'un bonnet.
Le Kagura, danse traditionnelle où on n'a pas tout compris, juste qu'il y a des méchants, des gentils et des dragons.
Très profondement ancrés dans la culture japonaise et fréquentés pour la détente et leurs vertus thérapeutiques: les onsen. Les sources thermales sont partout présentes et les bains sont aménagés dans des structures dédiées ou dans les hotels. Les genres sont séparés mais tout le monde y est nu, des jeunes enfants aux plus anciens. Il faut avoir vécu cette expérience à des lieux de nos usages.
On nous avait dit que les japonais étaient sympas. mais ils sont plus que cela, ils sont adorables. Parmi les multiples rencontres quotidiennes, une mention particulière pour nos amis de l'île de Kagoshima avec qui nous avons passé des moments mémorables.
Quelques vues de nos escales: Akusekijima, toute petite île tropicale avec 60 habitants.
Yunnotsu: port de pêche et village thermal
Fukura: village de vacances
Ine: village touristique
Balade à Hokkaido: entre mer, montagnes et volcans
Sapporo ...
... ville olympique mais aussi une des plus vieilles brasseries du Japon.
Et Yoichi, LA plus vieille distillerie de whisky du Japon.
Un petit clin d'oeil à nos copains voileux avec qui nous partageons notre parcours.
Et enfin Wakkanai, la ville la plus septentrionale de l'archipel d'où nous partirons pour l'Alaska.